En clair, tandis que la virgule et le point se justifient dans la lecture à haute voix (la récitation) par les contraintes physiques du souffle, le point-virgule se qualifie dans la lecture muette (inventée par saint Ambroise, qui avait tant impressionné saint Augustin) par les nécessités de l’enchaînement des propositions, quand celles-ci s’articulent dans un raisonnement discursif, ou dans une description un peu longue. Le point-virgule moderne remonte à 1495, date d’impression de De Aetna, le récit de l’ascension du volcan Etna par le jeune humaniste vénitien et futur cardinal Pietro Bembo (1470-1547) [1].D’après le paléographe britannique Malcolm Parkes (en), il s’inspire de la virgula suspensiva pointée, c’est-à-dire une barre avec un point au milieu [1]. En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation d’un témoin de connexion (cookie), afin de réaliser des statistiques de visites et de personnaliser votre navigation. Que faire du point-virgule, que lui reste-t-il ? Si vous le voulez bien, laissez-moi vous apostropher sur, sans doute, LE parent pauvre de la ponctuation, je veux parler du point-virgule. D’où une série de questions. Le point et la virgule vont de soi : on écrit pour être lu, donc on écrit comme devra respirer le lecteur. On comprend que certains cessent de s’interroger à son propos et le bannissent de leurs écrits, comme une cote mal taillée, une maladresse sans élégance. En effet, il définit le point-virgule comme « séparant des propositions unies par une idée logique, ou les parties d’une proposition lorsqu’elles sont d’une certaine étendue ou comportent déjà des virgules ». Qu’on l’essaie aussi : et on verra qu’il donne au récit un ton d’énumération laconique et brutale qui ne convient pas à un propos fait de distance et d’ironie légère. Pour en savoir plus, Ceux qui le maintiennent le soutiennent d’ailleurs bien mal, ne le qualifiant que pour marquer une « pause d’une moyenne durée » (Grevisse). Notons que ces parties de longueur égale ne sont pas sur le même registre. La ponctuation, encore très libre au Moyen Âge, fut progressivement codifiée au. Dans son Traité de la ponctuation française (Tel, 1991), Jacques Drillon écrit : « Le point-virgule atteste un plaisir de penser. C’est un séparateur qu’on utilise fréquemment pour laisser le lecteur respirer et donner du rythme dans la phrase. Pas grand-chose, puisqu’on respire sans lui par la virgule, qu’on expire sans lui avec le point final. Il s’agit d’une seule phrase qui propose l’illustration et le commentaire d’une vérité d’expérience : la rareté des jeunes filles disponibles en province. Non. Soit qu’il grave un caractère de quelques coups de stylet, où il lui faut additionner plusieurs traits et à, la fin, faire surgir la figure en question : ainsi celui qui « ... commence à grisonner ; mais il est sain, il a un visage frais et un œil vif qui promettent encore vingt années de vie ; il est gai, jovial, familier, indifférent ; il rit de tout son cœur, et il rit tout seul et sans sujet ; il est content de soi, des siens, de sa petite fortune, il dit qu’il est heureux ; il perd son fils unique, jeune homme de grande espérance, et qui pouvait un jour être l’honneur de sa famille ; il remet sur d’autres le soin de le pleurer ; il dit : Mon fils est mort, cela fera mourir sa mère, et il est consolé » (De l’homme, §123). On distingue la ponctuation forte, qui regroupe les signes marquant la fin d’une phrase, comme le point, et les ponctuations faible et moyenne, dont les signes séparent des membres de phrase, comme la virgule ou le point-virgule. Le point-virgule est le signe de ponctuation par lequel on peut donner à la phrase une certaine ampleur, autrement que par la molle et paresseuse succession de virgules. Consultez les conditions d’utilisation pour en savoir plus. 1. cliquez ici. Qu’on l’essaie : on verra qu’elle enlève toute structure à la phrase. La virgule aurait-elle été préférable ? Illustration et commentaires ne sont pas sur le même plan ; ils sont cependant réunis et mis à égalité par un même point-virgule. Le point-virgule non seulement convient, mais il est indispensable. La Bruyère reste un maître du point-virgule. Le point-virgule confère à la phrase une rigueur sans excès, il en module le ton, et fait ainsi entendre la voix de l’auteur. Définition et emploi du point-virgule; Le point-virgule est un signe de ponctuation (;) marquant une pause un peu plus longue que la virgule.Il y a notamment point et virgule qui est un emploi vieilli désignant ce même signe de ponctuation.Il sépare des phrases sans les isoler. Ou bien : « Tout est grand et admirable dans la nature ; il ne s’y voit rien qui ne soit marqué au coin de l’ouvrier ; ce qui s’y voit quelquefois d’irrégulier et d’imparfait suppose règle et perfection. La peut-on fixer en musique ? Il ne craint ni le vent, ni le froi… Vous pouvez copier le lien suivantdans le presse-papiers : Il vous permet de créer un lien hypertexte vers cet article du Dictionnaire. Nous parlons en virgule et par point. Le point, lui, y met un terme : profonde expiration, retour au calme, nouveau départ. Homme vain et présomptueux ! Le point, alors ? Des ponctuations disposées en échelle. La peut-on même tout simplement entendre ? Art, manière de ponctuer un écrit ; façon dont un écrit est ponctué. La phrase se développe en plusieurs parties, à la fois séparées et reliées par des points-virgules. Une erreur, corrigée depuis, s’était malencontreusement glissée dans le « bloc-notes » de septembre, intitulé Un point c’est tout.Nous avions écrit allusions au lieu d’alluvions.. Nous prions nos lecteurs et l’auteur de ce bloc-notes, Monsieur Dabadie, de bien vouloir accepter nos excuses pour cette malheureuse coquille. La virgule s’emploie : -Lorsque nous faisons une énumérationou une liste de choses. Le Dictionnaire de l’Académie nous met sur une autre voie, logique. Qu’en faire ? En effet, il définit le point-virgule comme « séparant des propositions unies par une idée logique, ou les parties d’une proposition lorsqu’elles sont d’une certaine étendue ou comportent déjà des virgules ». Le Dictionnaire de l’Académie nous met sur une autre voie, logique. On respire soit un petit coup, pour expirer et respirer entre deux propositions, qui s’enchaînent pourtant dans le flux du souffle, comme une foulée après une autre, et ainsi de suite jusqu’au terme : ainsi la virgule scande la course de la phrase, tant qu’elle court. C’est pour cela aussi que Montherlant avait sans doute raison de conclure qu’« on reconnaît tout de suite un homme de jugement à l’usage qu’il fait du point et virgule ». ». Vous pouvez cliquer sur n’importe quel mot pour naviguer dans le dictionnaire. Utilisez le bouton « Mots proches » pour activer la correction orthographique et phonétique. C’est si vrai qu’on ne saurait se résigner facilement à sa disparition partout annoncée. Point et virgule ou bien point-virgule ? Et vous n’allez surtout pas mentir, lorsque vous rédigez un texte, vous n’utilisez jamais le point-virgule, ne sachant jamais quand l’employer et de ce fait, le placer à bon escient. C’est sûrement pourquoi la langue qui pense mal ou pas le menace de disparition. La disposition des ponctuations, visible au microscope, varie selon les essences. Erratum. L’un et l’autre se disent, mais l’on y pense le même. Ce court texte de Balzac, emprunté à La Vieille Fille (1836), donne un parfait exemple de la nature, de la fonction, de l’usage du point-virgule. Ou bien : « Don Fernand, dans sa province, est oisif, ignorant, médisant, querelleux, fourbe, intempérant, impertinent ; mais il tire l’épée contre ses voisins, et pour un rien il expose sa vie ; il a tué des hommes, il sera tué » (De l’homme, §129). Soit qu’il expose un argument sans recourir au syllogisme, mais en atteignant une démonstration : « Le docile et le faible sont susceptibles d’impressions : l’un en reçoit de bonnes, l’autre de mauvaises ; c’est-à-dire que le premier est persuadé et fidèle, et que le second est entêté et corrompu ; ainsi l’esprit docile admet la vraie religion, et l’esprit faible ou n’en admet aucune, ou en admet une fausse. La virgule permet de marquer une courte pause dans la phrase. La ponctuation, encore très libre au Moyen Âge, fut progressivement codifiée au xvi e siècle par les usages des imprimeurs pour évoluer vers le système du français moderne. Le point-virgule confère à la phrase une rigueur sans excès, il en module le ton, et fait ainsi entendre la voix de l’auteur. Car enfin, quelle « moyenne » mesurer dans la durée ? Le point et la virgule vont de soi : on écrit pour être lu, donc on écrit comme devra respirer le lecteur. -Pour séparer des mots, des groupes de mots ou dans le cas où elles sont articulées avec « et », « ou », « ni » (lorsqu’on les répète plus de deux fois). On respire soit un petit coup, pour expirer et respirer entre deux propositions, qui s’enchaînent pourtant dans le flux du souffle, comme une foulée après une autre, et ainsi de suite jusqu’au terme : ainsi la virgule scande la course de la phrase, tant qu’elle court. faites un vermisseau que vous foulez aux pieds, que vous méprisez ; vous avez horreur du crapaud, faites un crapaud, s’il est possible » (ibid, §47). Dans son Traité de la ponctuation française (Tel, 1991), Jacques Drillon écrit : « Le point-virgule atteste un plaisir de penser. Je dois acheter du pain, de la confiture, du miel, un fruit et du sel. Or l’esprit fort ou n’a pas de religion, ou se fait une religion ; donc l’esprit fort, c’est l’esprit faible » (Des esprits forts, §30). Nous pensons avec des points-virgules, que nous ne disons pas. Non, parce que, en fait, il n’y a pas de justification physiologique au point-virgule, puisque nous n’y avons pas non plus d’accès physique. Il laisse à la phrase le temps de s’épanouir, il évite de rompre l’unité de la pensée par la multiplication des phrases courtes. Dans la ponctuation espagnole, il existe un point d’interrogation retourné qu’on place en tête des interrogatives directes. Pour chercher un mot dans le dictionnaire, tapez simplement ses premières lettres. Il respecte la phrase, mais il la construit, au lieu d’en juxtaposer les éléments comme le fait la virgule. L’absence de ponctuation caractérise « Alcools », le recueil d’Apollinaire, ou le monologue intérieur de l’« Ulysse » de Joyce. L’interrogation s’impose d’autant plus que, par exemple, en grec ancien, le ; équivaut à notre ?, notre point d’interrogation.