Il fallait donc reprendre la route de l’église du douze où, dans une petite salle située derrière le préau de l’école des garçons, on voulait nous faire croire que tous les malheurs du monde étaient dus à un couple de naturistes qui n’avait pu s’empêcher de croquer dans une pomme offerte par un diable de serpent ! Ça ressemblait à un jour de fête dans le coron avec ces nombreux drapeaux et oriflammes accrochés au pied du chevalet. Rien à voir dans cet article avec le chant interprété par les supporters du Racing Club de Lens au stade Bollaert-Delelis en alternance avec ‘Les Corons’ de Pierre Bachelet. Mon père écoutait Radio Luxembourg l’oreille collée contre le haut-parleur et buvait les paroles de Geneviève Tabouis. La volière nous servait donc aussi de refuge pour nos parties de cache-cache. Elle portait alors le titre de «Chant de guerre pour l’armée du Rhin». La «vraie» Marseillaise fut écrite par Rouget de Lisle à Strasbourg dans la nuit du 25 au 26 avril 1792 à la suite de la déclaration de guerre entre la France et l’Autriche. C’était au 3 rue Lamennais, fosse 14 à Lens ………………………………….. Publié dans Histoire, La famille, La Mine, Lens, Les Hommes | 24 Commentaires », Posté par Le Lensois Normand le 21 mars 2013. Grâce à vous, les armées lensoises ont pris peur et renoncent à leur projet d’investir votre ville. Dans le fond du jardin, derrière les arbres fruitiers et l’énorme pied de rhubarbe se trouvait un mur, LE mur ! On a vraiment l’impression d’un copier-coller. Il ne fallait surtout pas oublier de faire poinçonner sa carte de présence à l’entrée. (@F28) It's more than a song, it's the anthem of a whole club! Heureusement, pour nous, les plus petits, l’hiver, le bain, on le prenait dans la cuisine où mes parents installaient la ‘petite baignoire’. Le deuxième hymne du RC Lens. Le jardin était coupé en deux par une allée recouverte des cendres de la cuisinière à charbon de la cuisine. Puis, il fallait attendre que les lampes chauffent avant de voir l’écran s’éclairer et diffuser des images en noir et blanc venues d’ailleurs. Alors nos parents éteignaient tout, débranchaient la télé et l’antenne et tout le monde allait se coucher. Sans cet événement, je pense que nous aurions encore attendu quelques années de plus pour avoir une télévision à la maison. siècle, la Marseillaise de Rouget de l’Isle serait ni plus ni moins un plagiat. Mais avant d’avoir l’âge de sortir seuls, nos dimanches étaient occupés par des réunions familiales. Père, mère, frères, sœurs et même notre grand-mère Blandine lorsqu’elle séjournait chez nous. Dès trois ans, le premier lundi de septembre, nos parents nous lâchaient dans ce qui était pour nous un nouveau monde. Cette pièce que l’on appelait la cuisine, la plus grande de la maison était notre espace de vie. La partition de cette œuvre n’aurait elle pas été écrite par ……. Plus tard, les HBNPC continuèrent la même politique. Car la lessive, dans les corons, c’était le lundi. Celle qui nous obligeait à descendre à la cave plusieurs fois par jour pour l’alimenter en charbon. sites Web & bilbio | Histoire-Géographie-Educati... | jaurailebac | Sa vie, c’était : boulot, jardin, dodo ! Les abords du stade seront interdits à toute personne se prévalant d’être lensois, le nombre de supporters Sang et Or sera limité à 400 dans le stade au lieu de 1100 lorsque les grenats reçoivent d’autres équipes. Il y avait aussi celles que l’on craignait un peu : ‘La Jéhovah’ qui a toujours été pour nos yeux d’enfants un peu mystérieuse et ‘la matelassière’ dont le surnom indiquait qu’elle retapait à l’occasion des matelas mais que nous considérions un peu comme une sorcière. Tôt le matin, mon père allumait le ‘feu’ de la buanderie, posait dessus la grande lessiveuse pour faire bouillir l’eau dans laquelle trempait tout le linge de la semaine et où ma mère jetait des morceaux de savon noir. Il devait faire largement plus de quarante degrés lorsque nous nous glissions dans ces baignoires de fer blanc. La seule photo que je possède encore de cette cuisine nous replonge dans l’ambiance : la grande table, le buffet avec les photos, la petite armoire à pharmacie, les fleurs de la tapisserie, la cuisinière avec sa cheminée et ses pots de fer blanc …. Il va falloir l’utiliser votre beau stylo à plume pour en signer des arrêtés : il parait qu’il y a encore plus féroces que les lensois parmi les supporters en ligue un. Déjà, à cette époque, les plus chanceux la quittait après le CM2 pour aller au collège en ville ; les autres y restaient jusqu’à leur quatorze ans et le passage du Certificat d’Etudes. Jean-Baptiste Lucien Grison : un compositeur méconnu qui n’a laissé que peu de traces et dont quasiment toute l’œuvre a disparu. Nice, Marseille, Saint Etienne, Paris…. Comme on sait que l’ami Rouget a largement ‘puiser’ les paroles dans des textes écrits … par d’autres, pourquoi n’en aurait il pas fait de même pour la musique ? On a vraiment l’impression d’un copier-coller. Elle était à l’arrière de la maison et donnait sur la cour. Immense pour nos yeux de gosses. Une chaleur d’enfer, c’était bien le mot. Niveau Expert. Les rapports que nous avions avec ces animaux se limitaient aux grandes promenades estivales qui occupaient nos après-midis lorsque notre père décidait de nous emmener chercher de ‘l’herbe aux lapins’. Car se sont de vrais sauvages ces supporters lensois. | Bry autrefois | constipation | Saint-uniacais morts pour l... Alors, Monsieur le Préfet de Moselle a pris les décisions qui le feront entrer dans la légende. C’était notre pièce de vie, donc la plus utilisée et celle qui se salissait le plus des poussières de charbon qui régnaient dans l’atmosphère. Plus tard, elle utilisait un savon de marque Sunlight que tout le monde appelait ‘sin liche’. Mais savez-vous quand et pourquoi les supporters lensois en ont fait leur hymne ? Créer un blog | Celle sur qui on trouvait toujours la cafetière et la bouilloire. On y allait dès l’âge de six ans dans la classe du primaire. Dans la rue, que des employés et ouvriers des Mines. Selon Alfred Bucquet (Lens,son passé, ses houillères), vers 1864, un collectionneur mélomane artésien, Charles Vervoitte trouve à Saint Omer la partition d’une cantate écrite par Grison sur des fragments des chœurs d’Esther de Racine. Le samedi, il fallait aussi faire son ‘samedi’. Quelle ne fut pas la colère de mon père. L’œuvre de Grison intitulée «Stances à la calomnie» est une ode à la gloire de Louis XIV. Publié dans Histoire, Lens, Les Hommes | 2 Commentaires ». Grison est décédé en 1815 et n’a jamais revendiqué la paternité de cet hymne lorsqu’elle fut attribuée à Rouget de Lisle. Le samedi était donc le jour des bains. Ainsi, je faisais partie du groupe des hommes qui alignaient tierces, belote-rebelote et dix de der en jetant à grands coups les cartes sur le tapis. Elle était bordée de briquettes rouges et de magnifiques plates-bandes d’œillets blancs. Le jeudi après-midi, en dehors des vacances scolaires, on ‘avait cathé’. Son père, mélomane, lui enseigne les rudiments de la musique. C’était pourtant pour nous un confortable espace de jeux. Le coron, c’était ‘nôtre’ coron, là où nous vivions. J’entends déjà quelques artésiens annoncer une reprise des hostilités dès la prochaine saison. Les seuls véhicules étaient le vélo de ma mère et la vieille mobylette Peugeot de mon père (qui me semblait être plus souvent en panne qu’en état de rouler, ce qui engendrait de grandes colères paternelles accompagnées d’une suite d’exclamations furibondes dans lesquels il ne disait pas que du bien de l’Être Suprême!). Vervoitte constate qu’une partie de la partition est identique à l’œuvre de Rouget de l’Isle : Esther est certes en do majeur et la Marseillaise en si bémol, mais la rythmique, le nombre de mesures, la tonalité sont exactement les mêmes. Les seules fois où cela se produisait, c’était lors de l’arrachage des pommes de terre. Signaler un abus Certainement pour être bien propre le lendemain pour enfiler nos ‘habits du dimanche’. Après le souper, nous devions tous regarder le ‘journal télévisé’ dans un silence absolu. La «vraie» Marseillaise fut écrite par Rouget de Lisle à Strasbourg dans la nuit du 25 au 26 avril 1792 à la suite de la déclaration de guerre entre la France et l’Autriche. de la partition est identique à l’œuvre de Rouget de l’Isle : Esther. Notre mère nous réveillait et lorsque nous descendions de nos chambres, elle nous attendait dans la grande cuisine. Das Lied wurde 1982 ver­öf­fent­licht, in Frank­reich ein großer Hit und bald von den Anhän­gern des Berg­ar­bei­ter­klubs RC Lens als ihre Hymne adop­tiert. Mais comme l’a si bien chanté Pierre Bachelet :  »C’était mon enfance et elle était heureuse, dans la buée des lessiveuses ». Le jeudi, il n’y avait pas d’école. un contre un. A cette époque, il y avait classe tous les jours sauf les jeudis et dimanches. Autre plaisir dominical que mon père me faisait partager : les rencontres de football au Stade Bollaert toutes les deux semaines. Celle qui transformait souvent la pièce en sauna. Parmi les rares œuvres qui restent de Grison, on trouve trois pages de musique avec la partition d’une cantate écrite par Grison sur des fragments des chœurs d’Esther de Racine dont l’air du début «Stances sur la Calomnie» correspond à notre Marseillaise. Des matches qui se jouaient parfois à vingt contre vingt ! Le numéro 3 de la rue Lamennais se situe dans la ‘cité 14′ comme on dit aujourd’hui. La cuisinière à charbon : élément incontournable d’une maison des mines. Le but de la Compagnie des Mines en annexant un grand jardin à chaque habitation était à la fois d’offrir aux mineurs la possibilité de faire des économies sur l’alimentation et de les occuper afin qu’il n’aillent pas traîner dans les cafés et y discuter politique avec les syndicalistes dont beaucoup étaient à l’époque propriétaires d’un estaminet. Pour nous, nous habitions ‘à la fosse 14′ (et même  » àl’fosse quatorsse  ») tant on associait le numéro de notre chevalet à notre coron. NARODOWIEC, le journal des mineurs polonais, La grande histoire des Transports en Commun Lensois, 1914-1918 : quatre années d’enfer à Lens (6), 1914-1918 : quatre années d’enfer à Lens (5), 1914-1918 : quatre années d’enfer à Lens (4), 1914-1918 : quatre années d’enfer à Lens (3), 1914-1918 : quatre années d’enfer à Lens (2), 1914-1918 : quatre années d’enfer à Lens (1), APPHIM, pour la sauvegarde du pays minier, Vendre, Acheter, Louer : CIMM Immoblier en Artois. Ils y naissaient nombreux dans leur clapier et leur espérance de vie ne dépendait que du choix du menu dominical quelques mois plus tard. Une autre émission que mes parents ne rataient jamais, le Magasine du Mineur avec le célèbre acteur patoisant Simons. Depuis, cette version a sérieusement été mise en doute. Il arrivait souvent que la baisse d’intensité entraîne l’extinction de la télévision. Le 3 de la rue Lamennais, c’est là où je suis né, c’est là où j’ai vécu les vingt premières années de ma vie, c’est là où mon père est décédé. Tulipes, jonquilles, œillets, roses, fuchsias, pensées, dahlias et même des fleurs de pavot agrémentaient ce coin de paradis géré par ma mère. Pour les courses de la semaine, il y avait les commerces de la Route de La Bassée ou la coopérative des mines, rue Fénélon. Les Corons, c’est l’histoire d’une chanson, désormais mythique ici à Lens, clamée par 30 000 supporters Sang et Or au stade Bollaert-Delelis : émotions et frissons garantis ! Ce chant, véritable appel à la violence, qu’ils hurlent partout pendant les trêves entre chaque combat obligeant comme à Dijon, les gens du coin à les ovationner ! C’est la thèse qui fut notamment soutenue en 1886 par Arthur Loth, un journaliste-historien catholique, dans ‘, Parmi les rares œuvres qui restent de Grison, on trouve trois pages de musique avec la partition, d’une cantate écrite par Grison sur des fragments des chœurs d’Esther de Racine. La maison d’abord, elle ressemble à toutes les autres mais c’était ‘nôtre’ maison même si elle n’a jamais appartenu à mes parents. A l’intérieur, la cuisine concentrait le plus de soins et d’énergie. que tous connaissions. La volière ne contenait que des … lapins. Découvrez les deux incontournables chants lensois... La Lensoise. Dans un descriptif des activités sociales des Mines de Lens du début du vingtième siècle, il est écrit que les jardins pouvaient atteindre six cents mètres carrés. Bien souvent, le froid et le givre laissaient sur les vitres de jolies décorations de glace : pas besoin de thermomètre pour savoir qu’il ne devait pas faire beaucoup plus que zéro degré les nuits de grand froid. (@ ukl) Translated. Ce devait être le cas du ‘nôtre’. Le moindre bruit était ponctué d’une réplique immédiate de mon père :  »Écoutez ! Les soirées se déroulèrent autrement dès que l’employé de la maison Dumortier installa et brancha cet appareil ultra-moderne. La lessiveuse d’eau bouillante sur le poêle alimentait à l’aide d’un seau la baignoire posée à proximité. Notre ‘Banania’ était accompagné de belles tartines beurrées et de confiture ‘faite maison’. Au sol, un carrelage noir et blanc usé, aux murs la tapisserie à fleurs qu’un oncle venait de temps en temps d’Arras pour en changer. A cette époque, les clubs de football n’étaient pas structurés pour s’occuper des jeunes et le ‘cathé’ avait la charge de les remplacer. C'est plus qu'un chant, c'est l'hymne de tout un club ! Je l’entends encore hurler :  » Mais ça, ça ne se mange pas. Les voisins, c’étaient ‘nos’ voisins, des gens sur qui on pouvait compter en cas de coup dur. A l’école, c’était comme à l’église : les filles d’un côté, les garçons de l’autre de la rue Saint Edouard. Puis départ vers ‘l’église du douze’ que jamais nous avons appelé église Saint Edouard. Imaginez cette armée de brutes lensoises envahissant la Lorraine, baïonnette au canon et sabre au clair, ces hommes aux uniformes rouges de sang et jaunes d’or investir la cité de Paul Verlaine renforcés des hordes bretonnes et flamandes. Peu importait pour nous le manque d’installations et d’éducateurs, ces rencontres suffisaient à ce qu’on se prenne un moment pour Kopa, Fontaine, les rémois ou Wisniewski et Oudjani, les vedettes lensoises de l’époque. S’il y en avait un pour qui ce calendrier avait moins d’importance, c’était mon père. C’est la thèse qui fut notamment soutenue en 1886 par Arthur Loth, un journaliste-historien catholique, dans ‘La Marseillaise, enquête sur son véritable auteur’. Celui qui nous séparait de la maison de l’ingénieur. André de Marles; APPHIM, pour la sauvegarde du pays minier; Arno et le bois, un artiste du tournage; Cartouche, un poête patoisant; Fils de mineur; Gauhéria, le passé de la Gohelle; Histoires de Chtis; Investir dans le Nord-Pas de Calais; Jean Gabelou, un vrai chti Aucun régiment n’organisera de déplacement de troupes. La cuisine était meublée simplement : la grande table au milieu entourée des chaises de paille, un buffet en bois (remplacé à la fin des années 60 par un autre en formica) garni de nombreuses photographies familiales, un petit meuble pour le gaz, un autre sous l’évier et la petite table sous la fenêtre qui me servait de terrain de jeu. Tout ça parce que lors du match aller au Stade Bollaert-Delelis, quelques ivrognes lorrains aux neurones anémiées et à la vessie houblonnée n’ont pas bien digéré les excès de notre excellente Bière du Chti ayant pour conséquences quelques ‘déboires’ avec la marée-chaussée. Et cette terre, bêchée, retournée, ensemencée, binée, désherbée, récoltée par un seul homme : mon père. ». Les balais-brosse s’activaient dans tout le coron dans une harmonie quasi-parfaite. Ce n’est certainement à cela que pensait mon père lorsqu’il se trouvait à quatre pattes dans le parc de carottes pour les ‘démarier’. Les premiers épisodes de Zorro, les émissions pour les jeunes de Jean Nohain, les premières diffusions de matches de football du Stade de Reims, on allait les suivre chez les voisins un peu plus riches que nous et qui avaient investi dans un poste de ‘télédiffusion’. Nous avions l’habitude de marcher : nous n’avions pas de voiture à la maison. L’édition originale ne porte pas de nom d’auteur alors que Rouget signait toutes ses œuvres. Mais c’était comme ça ! Les journées étaient toutes différentes et dépendaient d’un emploi du temps devenu rituel au fil des ans. Les corons n’étaient certainement pas adaptés aux ‘nouvelles technologies’. Elles obligeait les mineurs à entretenir le pourtour de leur maison et de nettoyer régulièrement trottoirs et caniveaux. Les corons. Munis d’un seul robinet d’eau froide, il fallait en faire chauffer pour les bains et la lessive. Tant de souvenirs reviennent au fur et à mesure de l’écriture. dans le Pas-de-Calais ! C’était notre pièce de vie, donc la plus utilisée et celle qui se salissait le plus des poussières de charbon qui régnaient dans l’atmosphère. Le jardin a tenu une importance primordiale dans nos années d’enfance. Il devait y avoir certainement un peu des deux. De quoi nourrir la famille toute l’année. Toute la journée, sur le fil à linge qui longeait l’allée du jardin comme dans les autres habitations du coron, on voyait accrochés les draps, les vêtements, les serviettes et toutes les autres lessives de la journée. De part et d’autre, les légumes abondants : carottes, pommes de terre, poireaux, salades, navets, haricots, petits pois, etc…. Si vous êtes est encore en place lors de la prochaine saison et si l’équipe de Metz monte en première division, vous allez en avoir du boulot, monsieur le Préfet de Moselle. Cette coutume était issue des obligations du règlement de la vie dans les corons édité par les Compagnies au début du vingtième siècle. Nos vêtements étaient jetés directement dans un grand panier d’osier de la buanderie et attendaient le lundi suivant pour être lavés. Lorsqu’elle repassait à même la table de cuisine protégée d’une vieille couverture, ma mère utilisait ces vieux fers en fonte que l’on trouve encore aujourd’hui dans les brocantes. e samedi, il fallait aussi faire son ‘samedi’. ‘Le poste’ trouva aussitôt sa place dans la salle à manger, près de la commode. Fort peu probable. Le Lensois Normand. Le douze, c’était la cité minière la plus proche de la notre mais c’était ailleurs, pas chez nous. Et cela, jusqu’au dernier bain de la journée. En effet, peut être a-t-il là évité une troisième guerre mondiale ! On ne disait pas ‘Descendre en ville’ mais ‘Aller à Lens’ comme si Lens, ce n’était pas chez nous. Si l’après midi était consacrée aux bains, le matin voyait les femmes et les filles agiter balais, wassingues (serpillère) et seaux pour astiquer les pièces de la maison et les alentours. Mais, ce qui était bien dans le cathé, c’était avant ou après : d’interminables matches de football sur le terrain aménagé qui se trouvait derrière l’église du douze. Cela était peut être du à d’ancestrales rivalités entre les corons et le centre-ville, entre les notables et les mineurs, entre les élus et les patrons des mines. On jouait aussi à l’école comme tous les enfants. Après de nombreuses incertitudes, la décision est enfin tombée hier jeudi dans la soirée : le préfet de Moselle a pris des mesures exemplaires contre les supporters du RC Lens. Car il fallait nous réchauffer au petit matin, surtout l’hiver. Vous connaissez ? Et vous avez gagné la guerre ! Elle portait alors le titre de «Chant de guerre pour l’armée du Rhin». Toute absence de tampon devait être justifiée même si on était en vacances. C’est pas avec ça que tu vas nourrir tes gosses ! On pouvait bien sur jouer dans le jardin mais les règles étaient strictes : interdiction totale de poser le pied en dehors de l’allée centrale sous peine d’entendre un  »Sors de là tout de suite ! ». ». Était-ce par crainte ou par respect de sa part envers celui qui est censé régner sur le coron ? Alors, on roulait la table du téléviseur jusque dans la cuisine où il prenait la place de la radio dans un coin de la pièce. Afin d’inciter les mineurs à y consacrer un maximum de temps, des concours récompensaient les plus beaux jardins. Seul avantage du samedi, on n’avait pas ‘d’étude’, ce qui nous permettait de rentrer à la maison à 16h30 au lieu de 17h30. Nous passions nos journées dehors, hiver comme été. Ultime outrage : des fleurs là où devaient se trouver des légumes ! Toute la famille y passait à tour de rôle. Selon des historiens du 19ème siècle, la Marseillaise de Rouget de l’Isle serait ni plus ni moins un plagiat. Car, à cette époque, on ne regardait pas la télé, on l’écoutait ! Il entre à 17 ans à la Cathédrale de Saint Omer dont il devient le maître de musique de 1775 à 1787. Malgré cela, on peut pratiquement affirmer aujourd’hui que notre hymne national est une …. La plaque de tôle bitumée qui servait de paroi à la volière faisait un superbe tableau noir sur lequel on écrivait avec de la craie trouvée dans le jardin. Après la messe, passage ‘obligé’ au café-tabac de la rue Auguste Lefebvre où nous dépensions nos rares économies (et les centimes que nous avions parfois réussi à ne pas mettre à la quête) en bonbons. La propriété de l’ingénieur était un lieu sacré. La maison d’abord, elle ressemble à toutes les autres mais c’était ‘nôtre’ maison même si elle n’a jamais appartenu à mes parents. Grison et Rouget de Lisle auraient-ils pu imaginer et créer le même morceau ? un lensois ? En cette période d’avant les hypermarchés et d’avant les caddies, certaines marchandises ne pouvaient être trouvées qu’au marché. La rue, c’était ‘nôtre’ rue, notre terrain de jeu. Une obligation si elles voulaient aller ensuite au cinéma ! Le Tome 1; Le Tome 2; Le Tome 4; Les incontournables. Après le bain, traverser la cour pour rentrer dans la cuisine était un calvaire en hiver. Mais pour la plus part des lensois, les supporters messins, les vrais, seront reçus comme seuls les chtis savent le faire l’an prochain quelque soit le stade où joueront les Sang et Or. Ce n’est pas avec le genre de décision comme la votre qu’on évitera les débordements. Un jour que ma mère s’était procuré plus de bulbes de dahlias qu’il n’en fallait, elle voulu les planter de l’autre côté de la petite allée qui séparait les fleurs du potager. Un seul objectif pour tous : frapper fort dans le ballon en direction du but adverse. Face à la volière, un petit coin du jardin limité par une haie de troènes parfaitement taillés était consacré aux fleurs. Par rapport aux autres enfants, nous avions un petit avantage : notre grande sœur Fernande y travaillait comme assistante aux institutrices. Immense pour nos yeux de gosses. Alors, ‘Dumortier’ installa sous le poste un survolteur. Comment Rouget de Lisle a-t-il eu vent de l’œuvre de Jean-Baptiste Grison ? Rouget est reconnu pour n’être qu’un médiocre violoniste. L’itinéraire pour aller ‘au douze’ demandait presque une demi-heure pour nos petites jambes. Le fond du jardin était l’un de nos terrains de jeu. Certainement des restes de l’utilisation des vieux postes de radio. Le moment était mal choisi : il ne pouvait après la Révolution de 1789 avoué avoir exalté la royauté et la religion sans risquer d’avoir la tête tranchée. Mais le soir, hors de question de rester et de manger dans la salle, elle n’était réservée que pour les dimanches.